L'association tient à remercier Madame Sabina Engel, responsable du fonds iconographique de Nicolas Bouvier (Bibliothèque publique et universitaire de Genève) qui, avec beaucoup de patience et de gentillesse, a accepté de répondre à notre sollicitation.

 - Vous êtes responsable du fonds iconographique de Nicolas Bouvier déposé à la Bibliothèque publique et universitaire de Genève. Pouvez-vous nous dire ce que contiennent ces archives ?
Le fonds iconographique de Nicolas Bouvier comporte l'ensemble de son travail de photographe-iconographe-documentaire, à savoir ses tirages, ses négatifs noir et blanc et en couleurs des images photographiées dans les livres, musées, etc. pour les besoins de ses recherches de type éditoriales. Elles sont classées selon des thématiques utilitaires, mais réflètent les sujets qui lui étaient chers (botaniques, cartes et plans, zoologie, médecine, etc.). Il s'agit donc d'archives de reproductions, malheureusement peu annotées. Sa mémoire le guidait à travers l'univers des livres selon ses propores repères. Autrement dit: le lien avec les sources des images est très tenu...


- Est-ce que toutes les archives sont répertoriées ou est-ce que des documents dorment encore dans des malles ou des cartons ?
Les archives iconographiques ne sont pas répertoriées. Elles sont réunies dans un endroit propice à la conservation en suivant les éléments de rangements de Nicolas Bouvier. On peut dire qu'elles dorment dans des malles et des cartons... et que je m'efforce de gadrer en mémoire leur contenu, leur disposition spatiale et leur apparition dans les ouvrages iconographiés par Nicolas....


- Savez-vous si, actuellement, des auteurs consultent ces archives en vue de la publication prochaine d'ouvrages sur Nicolas Bouvier ?
Les archives iconographiques sont peu consultées. Pour les éventuels ouvrages à venir, je n'ai pas eu de demandes.


- Vous avez collaboré à la réalisation de l'ouvrage « Oeuvres »  paru chez Gallimard en 2004 dans la collection Quarto. Ce livre regroupe les principaux textes de Nicolas Bouvier. A quoi consistait votre travail ?
Mon travail a consisté à revoir la biographie et de chercher et fournir les images réunies dans ce volume. Je me suis occupée également à traiter des droits de reproduction.

© Le pérégrin genevois, septembre 2006, tous droits de reproduction interdits.

Pendant trente ans j'ai été iconographe. L'iconographe n'est pas, comme une éthymologie trompeuse pourrait le suggérer, un peintre d'icones. L'iconographe recherche des images qu'une clientèle variée - érudits, éditeurs, rédacteurs de magazines, graphistes, peintres d'enseignes, farceurs de toute nature - lui demande, et qui ce faisant en trouve de plus belles, cocasses, singulières qu'on ne lui demandait pas.
Cette activité s'excerce dans les grands et les petits musées, les bibliothèques, librairies anciennes, chez les collectionneurs de manuscrits et grimoires, devant des murs de fermes historiés de « poya », des pissoirs où nos voeux les plus candides se libèrent en graffiti naïfs, devant de petits objets peints à motifs tels qu'éventails, tabatières, boîtes à cachous, fourneaux de pipes, dans les églises à ex-voto, dans la boutique des tatoueurs professionnels qui officient entre Copenhague et Hong-Kong, sans parler des timbres-poste ou des dessins d'enfants. Partout où est l'image il doit être aussi.

Nicolas Bouvier, L'Echappée belle, Editions Métropolis, 1996.