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Une des raisons pour [lesquelles] j'ai pris la route de l'Inde c'est que je voulais faire une thèse de doctorat d'Histoire sur un thème qui me fascinait. J'avais été frappé par la légèreté avec laquelle, sous Louis XV, la France avait perdu ses colonies : le Canada, la Louisiane, toute l'Inde du Sud. Elle avait laissé filer ça avec une indifférence qui me sidérait. Pour cette thèse une bonne partie des papiers inédits que j'aurais dû consulter, se trouvaient aux archives de Pondicherry. Mais lorsque au bout de deux ans [de voyage] j'ai atteint Pondicherry, la France avait rétrocédé à l'Inde ses comptoirs des côtes de Malabar et de Coromandel et les papiers qui m'intéressaient étaient retournés à Paris, aux archives de la Marine. Je me suis retrouvé devant des rayons vides, en toute indifférence, tellement j'étais comblé par cette vie de voyage. Nicolas Bouvier, Routes et déroutes, éditions Métropolis, 1992. |