En guise d'introduction L'oeuvre de Nicolas Bouvier Autour de Nicolas Bouvier

" Les hasards de la vie m'ont un peu marié aux bibliothèques. Mon père était bibliothécaire et parlait quatre langues, ma mère les parlait avec la même aisance et était sans doute la plus piètre cuisinière à l'ouest de Suez. C'est dire que, dans mon enfance, le coupe-papier l'emportait sur le couteau à pain et que cette constellation familiale a fait de moi un grand bouffeur de livres et un voyageur à l'épreuve de n'importe quelle tambouille. "

 

Vous organisez une manifestation consacrée à Nicolas Bouvier ou à son oeuvre ? Annoncez-la sur ce site.

Vous avez rencontré Nicolas Bouvier, vous aimez son oeuvre, sa poésie, ses photographies ? Adressez-nous vos messages. Hommages reçus

 

 Une des raisons pour [lesquelles] j'ai pris la route de l'Inde c'est que je voulais faire une thèse de doctorat d'Histoire sur un thème qui me fascinait. J'avais été frappé par la légèreté avec laquelle, sous Louis XV, la France avait perdu ses colonies : le Canada, la Louisiane, toute l'Inde du Sud. Elle avait laissé filer ça avec une indifférence qui me sidérait.

Pour cette thèse une bonne partie des papiers inédits que j'aurais dû consulter, se trouvaient aux archives de Pondicherry. Mais lorsque au bout de deux ans [de voyage] j'ai atteint Pondicherry, la France avait rétrocédé à l'Inde ses comptoirs des côtes de Malabar et de Coromandel et les papiers qui m'intéressaient étaient retournés à Paris, aux archives de la Marine. Je me suis retrouvé devant des rayons vides, en toute indifférence, tellement j'étais comblé par cette vie de voyage.

Nicolas Bouvier, Routes et déroutes, éditions Métropolis, 1992.